La collaboration entre l'œuvre missionnaire et de l'église qui envoie

Deborah Born et son mari David travaillent dans la formation theologique en Malawi
Dieu a envoyé son Fils Jésus parce qu'Il aime le monde

Envoyer des missionnaires ... Ce n'est pas si simple !

La mission mondiale prend sa source directement dans la nature de Dieu. Cependant, le Dieu vivant ne l'accomplit pas seul. Il en a chargé son église. Elle est l'instrument choisi par Dieu pour la mission mondiale (Eph. 3.9, 1 Pierre 2.9). Mais à quoi sert alors une œuvre missionnaire ? Est-ce que l'église qui envoie un missionnaire ne peut pas elle-même accomplir l'ordre missionnaire de façon efficace, économe et personnelle (Actes 13.1) ? Les œuvres missionnaires auraient-ils créé un champ de travail qui ne leur revient pas et chassé les églises de la participation à l'ordre missionnaire ? Ce sont des questions qui nous sont posées.

Cette tâche a toujours été difficile...

Quand on regarde dans le Nouveau Testament, on se rend compte que déjà à l'époque les églises avaient du mal à envoyer et à accompagner leurs missionnaires. Un exemple est l'église de Jérusalem qui était tellement préoccupée par elle-même et par sa ville qu'elle n'avait pas d'égard pour les autres peuples (Actes 6.1, 9.26, 11.1-18). Dieu a dû d'abord envoyer une persécution pour que la Bonne Nouvelle soit apportée aussi à d'autres endroits (Actes 8.1-4). Encore bien des années plus tard, l'église de Jérusalem avait des difficultés avec la conversion des nations (Actes 15.8-10, Gal. 2.11). L'église d'Antioche avait également de la peine à voir partir ses meilleurs collaborateurs. Dans Actes 13.1 il nous est dit qu'ils ont « laissé partir » (en grec : « apolyo »). Ce mot signifie littéralement « délier »,  « mettre en liberté » et il est normalement employé pour la mise en liberté de prisonniers (Mt. 18.27, 27.15), pour la dissolution d'une assemblée (Actes 19.40) ou pour un divorce (Mt. 5.32). Il implique une séparation douloureuse et pas l'événement joyeux de l'envoi de missionnaires. Pourquoi est-ce que l'Esprit de Dieu demande seulement à l'église d'Antioche de « mettre à part » (en grec « aforizo ») Barnabas et Saul (Actes 13.2) ? Ce mot veut dire littéralement « séparer », « diviser » (voir Mt. 13.49, Mt. 25.32), « exclure d'une communauté » (Luc 6.22), « mettre à part » (Actes 19.9, 2 Cor. 6.17, Gal. 2.12) et désigne la séparation de deux choses qui ont une nature différente. Je ne connais qu'un exemple dans tout le Nouveau Testament où le terme « envoyer » un missionnaire est employé pour une église et c'est dans Actes 8.14 où il est question du voyage de Pierre et Jean en Samarie. Ils devaient voir si tout allait bien là-bas parce qu'il y avait eu un réveil suite à l'évangélisation de Philippe et les apôtres craignaient le désordre. Donc, la raison de leur envoi n'était pas le désir de voir des conversions mais la peur de l'hérésie. Dans tous les autres cas, le mot « envoyer » est toujours employé pour Dieu ou pour le Saint-Esprit, p.ex. dans Actes 13.3 : « Barnabas et Saul, envoyé par le Saint-Esprit, descendirent... ». Cela nous montre combien les églises des temps bibliques avait des difficultés à envoyer des missionnaires bien que dans le livre des Actes la mission s'est d'abord concentrée sur l'Empire Romain et sur églises juives dans l'exile. Par conséquent, les missionnaires de l'époque n'étaient pas encore confrontés à l'apprentissage d'une langue étrangère, à la communication transculturelle, aux règlements de visa ou aux relations bancaires internationales.

Une œuvre missionnaire déjà dans la Bible ?

Déjà très tôt, des structures d'une œuvre missionnaire se sont développées. Il est vrai que l'apôtre Paul a été envoyé par l'église d'Antioche (Actes 13) mais après peu de temps une équipe fonctionnelle de missionnaires s'est développée : Barnabas, Paul et Marc. D'autres collaborateurs venant d'autres églises se sont joints : Silas, Timothée, Tite. Le Nouveau Testament mentionne le nom de plus de 60 collaborateurs de l'apôtre Paul. C'est en équipe que les décisions étaient prises et l'église d'origine à Antioche n'était même pas consultée. C'est ici que les campagnes et les stratégies missionnaires ont été planifiés (voir Actes 17.14, 18.5+18-22). Nous trouvons une gestion très complexe du personnel (2 Tim. 4.9-21) et une stratégie détaillée (Rom. 15.24) qui dépassait de loin le niveau d'une équipe missionnaire et qui impliquait des partenariats à long terme avec plusieurs églises (1 Cor. 16.12, Col. 4.12-13, 1 Tim. 1.3, 2 Tim. 4.12, Tit. 3.13). L'école des prophètes dans l'Ancien Testament et les écoles rabbiniques du temps de Jésus étaient des modèles bien connus que l'on pouvait imiter. Ici nous voyons déjà des traits d'une œuvre missionnaire interecclésiastique.

Les décisions communes

Les décisions fondamentales concernant la mission par contre n'ont été prises ni par l'équipe missionnaire ni par l'église d'Antioche mais elles ont été déléguées à l'église-mère à Jérusalem et au synode mondial (le concile des apôtres) (voir Actes 15.22.29). Les décisions de base ne pouvaient être prises qu'en commun.

Plus d'une église qui envoie

Plusieurs églises ont soutenu l'apôtre Paul : « Vous le savez vous-mêmes, Philippiens, au commencement de la prédication de l'Evangile, lorsque je partis de la Macédoine, aucune église n'entra en compte avec moi pour ce qu'elle donnait et recevait ; vous fûtes les seuls à le faire, car vous m'emvoyâtes déjà à Thessalonique, et à deux reprises, de quoi pourvoir à mes besoins. » (Phil. 4.14-16). Paul attendait même le soutien d'une église qui lui était encore inconnue, à savoir l'église de Rome pour son voyage missionnaire en Espagne (Rom. 15.22-24). De plus, Paul s'est senti redevable à l'église de Jérusalem (Actes 21.15, Gal. 2.2+9). Beaucoup de personnes voulaient et devaient participer au ministère de Paul. C'est pourquoi le Seigneur de la mission avait prévu de partager le travail entre l'équipe missionnaire et l'église d'origine.

La DMG se voit comme une aide pour les églises locales

En tant que mission, nous voulons servir les églises locales et les aider à accomplir l'ordre de mission que Dieu leur adresse : en les motivant à la mission, par l'enseignement biblique, en donnant des informations sur des peuples non atteints, des relations avec des associations missionnaires internationales, des contacts avec des églises locales et avec des organisations interrégionales, conseiller les personnes intéressées par la mission, la formation de jeunes missionnaires, l'assurance sociale, l'accompagnement et l'encouragement des missionnaires, ... Dans tous ces domaines, nous voulons aider les églises et être leur partenaire, ce qui trouve son expression entre autres dans le fait d'envoyer les missionnaires ensemble avec les églises locales. Nous venons volontiers dans votre église pour un dialogue ouvert, échanger nos expériences, conseiller, faire un séminaire ou une soirée ou une journée sur la mission. Et bien sûr vous êtes cordialement invités à venir au siège de la DMG lors de nos rencontres officielles mais aussi pour une sortie d'église ou pour un entretien personnel.

La grande tâche

Nous ne pourrons accomplir la grande tâche de la mission mondiale si nous relevons ce défi ensemble et si nous mettons toutes nos forces au service de Dieu... « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. » (Mt. 24.14). Il y a encore beaucoup de peuple et des milliards de personnes qui attendent d'entendre la bonne nouvelle. Celui qui reste passif face à cette tâche se disqualifie en tant que disciple de Christ. Les églises locales et les œuvres missionnaires vont de pair. Nous sommes appelés à faire équipe pour annoncer l'Evangile pour que des personnes de tout peuple, de toute langue et de toute tribu puissent louer et adorer Dieu (voir Actes 2.7-11, Apc. 5.9) maintenant et éternellement.

Detlef Blöcher
Directeur de la mission